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LE JUGEMENT DU POUCE ET DE L’INDEX ( Lettre ouverte de Me Idesbald BYABUZE à ses compatriotes )

Dans une lettre ouverte à ses compatriotes, Me Idesbald BYABUZE, éminent professeur de droit en RDC et cadre de l’AFDC, parti cher au Sénateur Modeste Bahati Lukwebo, sonne l’alarme. Il y partage l’histoire poignante d’un ‘ enfant perdu de la Nation congolaise ‘, confronté à ses fautes et à un passé d’anarchie, de bestialité et de trahison.

Cette missive est un miroir tendu, invitant chacun à un choix juste pour défendre la Patrie ou assister à la mort de la République.

Qui est réellement cet enfant perdu, devenu vagabond en esprit, dont les erreurs aggravent les maux de la société congolaise ? Et, plus important encore, quel sera le jugement du ‘ pouce et de l’index’ que l’histoire et les générations futures prononceront sur chacun de nous ?

Lisez la lettre intégrale ci-dessous :

Me Idesbald BYABUZE Katabaruka
Avocat au Barreau du Sud-Kivu
République Démocratique du Congo

Kinshasa, le 17.07.2025

LE JUGEMENT DU POUCE ET DE L’INDEX

Lettre ouverte à mes compatriotes Congolais
(Avec l’expression de mes sentiments patriotiques)

Très chers compatriotes,

Je fais exprès de garder anonyme le nom d’un de mes anciens étudiants qui a daigné, confiant, m’ouvrir son coeur battant chamade tant des interrogations et des soucis s’y entrechoquent sans réponses ni solutions.

Tel le petit garçon de la fable de Lafontaine, au bout de deux chemins, ne sachant aller ni à gauche ni à droite, ce compatriote s’exprime, las de languissantes journées et de longues nuits cauchemardesques.

Le jour, il avoue vivre sans vivre tant son regard est en permanence soupçonneux du pire devant ceux enflammés et haineux qui croisent le sien.

La nuit, il est prostré tant le silence assourdissant des faibles et les cris stridents de ses victimes innocentes déchirent l’huis de ses oreilles.

Dans une autoflagellation, il se maudit d’avoir trahi ses parents, ses éducateurs et sa foi en Dieu.
Confus dans sa conscience, il regrette amèrement d’avoir été à l’école qui ne lui a pourtant inculqué aucune nocivité envers son semblable.

A mille lieues des valeurs morales, il observe enfin ses propres vomissures des maux dont il s’est rendu coupable des années durant pendant que l’habitait le sentiment d’être devenu un surhomme, fort et puissant par les armes.

Anarchie, bestialité, cruauté, cupidité, hypocrisie, mensonges, trahison ont été son lot quotidien.

Devenu vagabond en esprit, il est hanté et taraudé par le souvenir de sa terre, précieux héritage des ancêtres bradé au prix de vaines promesses dérisoires de quelque marchand d’illusions louvoyant le jadis paradis congolais.

Réalisant sa grave forfaiture, il pleure à présent toutes les larmes de son coeur sur ses rêves compromis et le sombre avenir de ses descendants.
Devant ce qui n’est que feu de paille, il se demande à quel saint se vouer ou dans quels bras se jeter bientôt.

Ma réponse et en même mon conseil à cet enfant perdu de la Nation congolaise comme à tout autre égaré de son genre est une et sans équivoque : le jugement du pouce et de l’index.

Joignant une belle moue au geste, ils vous qualifieront d’homme et lèveront le pouce pour dire de vous rien que le bien que vous méritez.
Avec une répugnante expression du visage, ils vous traiteront de brute ou d’animal enragé et pointeront sur vous un index accusateur.

Heureusement ou malheureusement selon le barème qui est vôtre, des portes grandement et généreusement ouvertes seront le fruit récolté par votre progéniture ou par contre l’opprobre jeté maintenant et jusqu’à la fin des temps sur vos enfants.

Très chers compatriotes, depuis la fatidique date du 02.08.1998, trente ans ou presque d’instabilité, d’incertitude et de tâtonnements nous  placent aujourd’hui à la croisée des chemins et devant nos consciences. Plus que jamais, le choix ultime s’impose à nous entre la défense de la patrie ou la mort de la République Démocratique du Congo.

Convaincu qu’ensemble et Dieu aidant, rien d’impossible, je vous adresse mes salutations fraternelles et distinguées.

Le Patriote
Me Idesbald BYABUZE Katabaruka (IBK)
Cadre de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC)

La rédaction VC Africa

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