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RDC : Transformer la richesse en développement réel ( Tribune de Paterne CUMA, communicateur politique )

Grâce à l’exceptionnelle richesse de son sol, de son sous-sol et de son peuple, la République Démocratique du Congo dispose aujourd’hui d’une opportunité historique de convertir ses ressources financières en leviers d’un développement concret. C’est ce que pense Paterne CUMA KAFUMBA, un communicateur politique du Sud-Kivu. Dans sa tribune, il dévoile quelques priorités pour que la richesse du pays profite réellement à la population.

Ci-dessous la suite de sa réflexion :

Avec une mobilisation croissante de ses recettes publiques, estimées à environ 1,2 milliard de dollars américains chaque mois, l’État congolais pourrait jeter les bases d’un développement structuré, inclusif et durable.

Pour que cette richesse profite réellement à la population, elle doit être allouée selon une vision claire, intégrée et rigoureuse.

Priorité 1 : Le développement économique (40 % des recettes)

Le développement économique est une priorité incontournable, nécessitant 480 millions de dollars par mois, soit 40 % des recettes. L’objectif est de dépasser le modèle économique extractif et désarticulé pour bâtir une économie productive et souveraine.

Industrialisation minière : Près de 150 millions de dollars devraient être dédiés à l’industrialisation minière, finançant la construction d’usines de transformation locales dans les provinces du Katanga, du Lualaba et du Maniema.

Infrastructures : Un investissement mensuel de 180 millions dans les infrastructures (routes, énergie, ponts, chemins de fer, ports) permettra de désenclaver les régions et d’ouvrir les marchés intérieurs.

Secteur agricole : Un soutien de 80 millions revitalisera le secteur agricole, en finançant des intrants modernes, la mécanisation, l’irrigation et la transformation agroalimentaire.

PME et économie informelle : Il est également crucial d’investir 40 millions dans le soutien aux PME et à l’économie informelle, qui constituent le cœur de l’activité urbaine et rurale.

Numérisation et innovation : Enfin, 30 millions devront appuyer la numérisation des services publics et l’innovation technologique afin d’intégrer le pays dans les dynamiques économiques du XXIe siècle.

Priorité 2 : Le développement social (25 % des recettes)

Sur le plan social, une enveloppe de 300 millions de dollars par mois (soit 25 % des recettes) est indispensable pour reconstruire le tissu national sur des bases de justice sociale et d’égalité des chances.

Éducation : Une grande partie de ce montant, estimée à 120 millions de dollars, devra être consacrée à l’éducation, pour rendre effective la gratuité scolaire, construire de nouvelles écoles, former les enseignants et moderniser le contenu pédagogique.

Formation technique et professionnelle : En parallèle, 50 millions seront dédiés à la formation technique et professionnelle afin de doter les jeunes de compétences pratiques adaptées aux réalités économiques du pays.

Accès aux services de base et logement social : Dans une logique d’équité sociale, 80 millions doivent financer des projets d’accès à l’eau potable, à l’électricité domestique et au logement social, en particulier dans les zones rurales et périurbaines.

Protection des couches vulnérables : Une politique de protection des couches vulnérables, notamment les orphelins, personnes âgées, déplacés et personnes vivant avec un handicap, exigera 30 millions par mois.

Développement rural intégré : Les 20 millions restants serviront à soutenir les projets de développement rural intégré, fondés sur la participation communautaire.

Priorité 3 : Le secteur de la santé (20 % des recettes)

Le secteur de la santé constitue une urgence nationale et nécessite une allocation mensuelle de 240 millions de dollars, soit 20 % des recettes.

Infrastructures et équipements hospitaliers : Sur ce montant, 100 millions doivent financer la construction et l’équipement d’hôpitaux modernes dans toutes les provinces, ainsi que la réhabilitation de centres de santé en milieu rural.

Accès aux soins : Pour rendre les soins accessibles, un financement de 70 millions sera consacré à l’instauration d’une assurance maladie universelle, à la gratuité des médicaments essentiels et à la couverture des soins de base.

Lutte contre les endémies : La lutte contre les grandes endémies comme le paludisme, la tuberculose, le choléra et le VIH/Sida, devra mobiliser 30 millions mensuellement pour les campagnes de prévention, de dépistage et de traitement.

Personnel soignant : Le personnel soignant, véritable colonne vertébrale du système sanitaire, bénéficiera de 30 millions pour la revalorisation salariale, les formations continues et la dotation en équipements.

Santé maternelle et infantile : Enfin, 10 millions seront alloués à la santé maternelle et infantile, notamment par des programmes de nutrition, de suivi des grossesses et de vaccination.

Priorité 4 : La préservation de l’environnement (10 % des recettes)

La préservation de l’environnement, souvent négligée dans les politiques publiques, doit désormais occuper une place stratégique. Je propose d’y consacrer 10 % des recettes mensuelles, soit 120 millions de dollars. La RDC, gardienne du deuxième massif forestier tropical du monde, a le devoir de protéger cet écosystème pour elle-même et pour l’humanité.

Lutte contre la déforestation et reboisement : Une enveloppe de 50 millions sera affectée à la lutte contre la déforestation, au reboisement et à la surveillance par satellite des zones protégées.

Transition énergétique : Dans une logique de transition énergétique, 30 millions devront financer l’expansion de l’énergie solaire dans les villages, écoles et centres de santé.

Gestion des déchets et assainissement : La gestion des déchets et l’assainissement des villes, particulièrement dans les grands centres urbains, nécessiteront 20 millions mensuels.

Risques climatiques et écotourisme : Enfin, 20 millions seront investis dans la gestion des risques climatiques (inondations, glissements de terrain) et l’éducation environnementale, y compris le développement de l’écotourisme local.

Priorité 5 : Gouvernance, sécurité et justice (5 % des recettes)

Aucun développement n’est possible sans gouvernance, sécurité et justice. Il convient donc de réserver 60 millions de dollars par mois, soit 5 % des recettes, à ce socle institutionnel.

Réforme de l’administration publique : Une réforme profonde de l’administration publique mobilisera 20 millions pour la formation, la digitalisation des services et la lutte contre les doublons.

Lutte contre la corruption et transparence : La lutte contre la corruption, la transparence budgétaire et le renforcement des mécanismes de contrôle doivent bénéficier de 10 millions.

Sécurité : La sécurité, notamment dans l’Est du pays, exigera 20 millions pour le désarmement, la réinsertion des ex-combattants, et l’équipement des forces loyalistes.

Accès à la justice : Enfin, 10 millions seront consacrés à l’accès à la justice, avec l’implantation de tribunaux mobiles, l’assistance judiciaire gratuite, et la modernisation des cours d’appel.

Ainsi structurée, cette répartition des 1,2 milliard USD de recettes mensuelles permet de relever de manière équilibrée et efficace les défis multiformes du développement congolais.

Il s’agit d’un modèle indicatif ; la RDC a le potentiel de générer des recettes bien supérieures à cette somme. L’enjeu sera d’adapter cette répartition aux ressources réellement disponibles.

N’oublions pas que le développement est un processus progressif : même avec des moyens limités, des projets gouvernementaux peuvent exister et avoir un impact positif sur la vie de la population. Soyons humains et ambitieux !

La rédaction VC Africa

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