Alors que la nouvelle année débute sous d’autres cieux dans la joie et les célébrations, le territoire de Kabare, au Sud-Kivu, entame 2026 dans un climat d’inquiétude et de lassitude. Des habitants, tourmentés par des années d’affrontements et d’instabilité, lancent un appel pressant à la fin des violences pour espérer reconstruire leurs conditions de vie.
À Katana, Janvier MUSHOSI, opérateur économique, décrit une économie locale asphyxiée.
« Nous travaillons dans la peur permanente. Les routes ne sont pas sûres, les marchandises circulent difficilement et les clients se raréfient. Comment investir ou créer de l’emploi dans ces conditions ? Nous avons besoin de stabilité pour relancer nos activités », confie-t-il, appelant les autorités et les acteurs armés à privilégier le dialogue.
Dans le groupement de Bugobe, Sarah M’wamirali, agricultrice, évoque les difficultés rencontrées dans les champs.
« Nous vivons de la terre, mais aujourd’hui aller cultiver devient un risque. Certains champs sont abandonnés, et cela signifie moins de nourriture pour nos familles et moins de revenus. La paix est la première récolte que nous attendons », explique-t-elle avec amertume.
À Kavumu, Josué BISHIKWABO, jeune acteur de la société civile, insiste sur l’impact social de cette insécurité persistante.
« Toute une génération grandit dans la violence et l’incertitude. Les écoles sont perturbées, les familles déplacées, la méfiance s’installe entre communautés. Il est temps que les armes se taisent et que l’on investisse davantage dans la cohésion sociale », plaide-t-il.
Au-delà de la fin des combats, ces habitants appellent à un sursaut collectif fondé sur le respect de la vie humaine, la solidarité et la cohabitation pacifique. Ils exhortent également les autorités à renforcer la protection des civils et à soutenir les initiatives locales de dialogue.
En ce début d’année 2026, Kabare ne formule qu’un vœu simple mais vital : retrouver la paix pour reconstruire son économie, restaurer la confiance et offrir un avenir plus serein à ses enfants.
Papa Millionnaire BADIBANGA
L’écrivain du peuple











