Home / Coup de gueule / Inspection Générale du Travail en RDC : Entre arriérés de salaires, grogne sociale et musellement des agents !

Inspection Générale du Travail en RDC : Entre arriérés de salaires, grogne sociale et musellement des agents !

Trois ans après un recrutement en grande pompe de plus de 3 000 nouveaux agents, l’Inspection Générale du Travail (IGT) de la République démocratique du Congo traverse une zone de fortes turbulences.

Entre arriérés de primes, injustices administratives et dénonciations de méthodes jugées autoritaires, le collectif des inspecteurs, contrôleurs et agents administratifs tire la sonnette d’alarme.

Précarité alarmante

En ce mois de janvier 2026, le constat est amer : le personnel de l’Inspection Générale du Travail cumule désormais quatre mois d’arriérés de primes. Dans une note adressée à la presse, le collectif dénonce également une « mécanisation » à double vitesse, laissant de nombreux agents sans salaire de base.

Cette situation de précarité fragilise les agents de l’État à un moment pourtant crucial. Alors que le Conseil national du Travail prévoit leur déploiement imminent sur le terrain pour contrôler l’application du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), le collectif avertit : cette vulnérabilité expose dangereusement les agents à la corruption, compromettant ainsi leur mission essentielle de régulation et de protection des travailleurs.

Musellement et tensions institutionnelles

Le malaise ne se limite pas aux seules questions financières. Le corps des inspecteurs dénonce une volonté manifeste de « musellement » des voix dissidentes, illustrée par le cas du syndicaliste Bénédiction Mugisho Mihigo.

Suspendu et visé par une procédure disciplinaire jugée sans fondement légal, son seul tort aurait été d’avoir publiquement exposé la détresse de ses collègues.

Pour le collectif, il s’agit d’une violation flagrante des lois de la République et d’une tentative d’intimidation destinée à étouffer des revendications pourtant légitimes.

Un climat de terreur ?

La tension monte d’un cran lorsque les agents pointent directement du doigt le cabinet de l’Inspecteur général principal a.i., Ézéchiel Mpiana, qu’ils accusent d’instaurer un climat de « terreur » et de chercher à opposer le corps inspectoral au ministre de l’Emploi et du Travail, Masamba wa Masamba.

Les agents fustigent une gouvernance qu’ils estiment nuisible à l’image du Chef de l’État, dont la volonté affichée est pourtant d’améliorer les conditions de vie des travailleurs congolais.

Faute de réponses rapides et concrètes, le collectif annonce des actions de grande envergure, notamment des marches pacifiques et des sit-in, afin d’exiger le respect de leurs droits et la fin des injustices réglementaires.

La Rédaction VC Africa

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Don`t copy text!