Après plus d’un mois et demi de paralysie liée à l’occupation de la ville par les rebelles de l’AFC/M23, les activités ont progressivement repris au port de Kalundu, principal carrefour commercial d’Uvira sur le lac Tanganyika.
Les embarcations en provenance de Kalemie, du Burundi, de la Tanzanie et de la Zambie accostent de nouveau, redonnant un souffle timide à l’économie locale.
Mais cette reprise s’accompagne d’une forte hausse des prix des produits de première nécessité, suscitant l’inquiétude des habitants. Riz, farine, sucre ou huile végétale affichent désormais des tarifs revus à la hausse sur les marchés de la ville.
Les commerçants importateurs pointent du doigt l’augmentation des taxes perçues au port de Kalundu par la Division provinciale de mobilisation et d’encadrement des recettes (DPMER) du Sud-Kivu.
A les en croire, les charges auraient grimpé d’environ 50 %, compliquant la relance des échanges.
« Avant les hostilités, nous payions 4 000 par camion de marchandises. Aujourd’hui, on nous demande 6 000. Dans un contexte où tout est déjà fragile, c’est difficilement supportable », explique un opérateur économique d’Uvira, estimant que ces coûts supplémentaires se répercutent inévitablement sur les consommateurs.
Le député provincial élu d’Uvira, Bisimwa Sinderi, appelle à une révision urgente de ces taxes. Il juge inopportun d’alourdir les charges fiscales alors que la population sort d’une période d’instabilité et que le pouvoir d’achat demeure fortement affaibli.
Selon lui, un allègement temporaire pourrait favoriser la relance du commerce et stabiliser les prix sur les marchés.
Contactées, les autorités municipales et provinciales n’ont pas réagi à ces préoccupations. Pendant ce temps, à Uvira, la reprise économique reste fragile, suspendue entre l’espoir d’un retour à la normale et la crainte d’un renchérissement durable du coût de la vie.
La rédaction VC Africa











