Le gouvernement congolais hausse le ton face à une affaire jugée sensible pour la souveraineté nationale. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a ordonné, mercredi 11 février, une prise en charge technique immédiate du dossier concernant l’utilisation présumée illégale des fréquences télécoms congolaises par MTN Rwanda.
Cette instruction a été donnée lors d’une audience avec le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, accompagné du président de ARPTC ainsi que de représentants des principaux opérateurs actifs en RDC, dont Airtel, Orange et Vodacom.
Un enjeu de souveraineté technologique
Au centre des discussions figurait la question de l’occupation supposée de fréquences nationales par l’opérateur étranger sans autorisation préalable. Pour les autorités, ce dossier dépasse le simple cadre technique et touche directement à la souveraineté numérique du pays.
Le ministre Mpanda a insisté sur la sensibilité stratégique du sujet, affirmant que toute exploitation non autorisée du spectre constitue une atteinte aux droits régaliens de l’État.
Selon lui, la cheffe du gouvernement a exigé une démarche méthodique : d’abord une évaluation technique détaillée menée par le régulateur, ensuite une communication officielle, puis seulement l’implication des instances politiques et diplomatiques.
« La question reste technique. Une communication technique sera faite et les instances politiques interviendront après », a-t-il précisé à l’issue de la réunion.
Une réponse graduée mais ferme
Les autorités congolaises souhaitent ainsi documenter précisément les faits, recueillir les preuves techniques et, si nécessaire, saisir les organismes internationaux compétents afin de défendre les droits du pays sur ses fréquences.
Cette affaire intervient dans un contexte sécuritaire déjà tendu entre la Rwanda et la République démocratique du Congo, voisins frontaliers dans la région orientale. Cette zone reste marquée par l’instabilité liée aux activités de la rébellion M23/AFC, que Kinshasa accuse Kigali de soutenir.
Défense des intérêts nationaux
En donnant des instructions rapides et ciblées, la Première ministre entend afficher une posture de vigilance face à toute ingérence technologique étrangère.
Pour Kinshasa, il s’agit non seulement de protéger l’intégrité de son espace numérique, mais aussi d’envoyer un signal clair : l’exploitation des ressources nationales, qu’elles soient naturelles ou immatérielles, doit se faire dans le strict respect de la loi congolaise.
L’évolution du dossier dépendra désormais des conclusions techniques du régulateur, dont le rapport pourrait déterminer les suites diplomatiques et juridiques à engager.
Papa Millionnaire BADIBANGA
L’écrivain du peuple











