Home / D'ici & d'ailleurs / Est de la RDC : une mission conjointe MONUSCO–CIRGL déployée à Uvira pour préparer le suivi du cessez-le-feu

Est de la RDC : une mission conjointe MONUSCO–CIRGL déployée à Uvira pour préparer le suivi du cessez-le-feu

Une mission conjointe de la Mission de paix des Nations unies en République démocratique du Congo et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs a été déployée cette semaine à Uvira, dans la province du Sud-Kivu, afin d’évaluer les conditions de mise en œuvre du futur mécanisme de suivi du cessez-le-feu conclu entre les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars et les Forces armées de la RDC.

Selon un communiqué publié par la mission onusienne, cette mission « exploratoire et préliminaire » se déroule du 23 au 27 février. Elle intervient à la suite de consultations avec le président congolais Félix Tshisekedi, qui assure également la présidence de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.

L’objectif principal de cette initiative est d’évaluer les conditions nécessaires au déploiement d’un mécanisme crédible de surveillance et de vérification du cessez-le-feu.

Préparer le mécanisme de suivi du cessez-le-feu

La mission conjointe vise notamment à examiner plusieurs paramètres essentiels au fonctionnement du futur dispositif, notamment l’accès au terrain, les conditions sécuritaires, les besoins logistiques et les modalités d’engagement des différentes parties.

Selon la MONUSCO, cette mission constitue une étape indispensable avant la mise en place du mécanisme conjoint de suivi du cessez-le-feu prévu dans l’architecture de paix en cours d’élaboration.

« Cette initiative se concentre sur la préparation du terrain afin de garantir que les futurs efforts de suivi et de vérification soient crédibles, sûrs et réalisables sur le plan opérationnel », précise la mission onusienne.

La mission rappelle également qu’en vertu de la résolution 2808 adoptée en 2025 par le Conseil de sécurité, elle est autorisée à soutenir la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent dans l’est du pays.

Ce soutien inclut l’appui au mécanisme de surveillance du cessez-le-feu ainsi qu’au Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+), instauré à la suite de la signature de l’Accord-cadre de Doha pour une paix globale, conclu le 15 novembre 2025.

Une évaluation globale autour d’Uvira

Durant leur mission, les experts doivent procéder à une analyse approfondie des conditions politiques, sécuritaires, logistiques et socio-environnementales dans la région d’Uvira.

Ces évaluations permettront d’orienter la planification du futur dispositif de surveillance du cessez-le-feu.

La représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations unies en RDC et cheffe par intérim de la mission, Vivian van de Perre, a rappelé l’importance de ce processus.

Selon elle, un suivi efficace du cessez-le-feu doit permettre de réduire la violence et d’ouvrir la voie à une solution politique durable.

Elle a toutefois précisé que le mandat de la MONUSCO dans le Sud-Kivu reste limité.

« Contrairement au Nord-Kivu et à l’Ituri, le mandat de la MONUSCO au Sud-Kivu est axé sur le suivi du cessez-le-feu et n’inclut pas la protection directe des civils », a-t-elle expliqué.

Un déploiement progressif des Casques bleus

Les Casques bleus s’étaient retirés du Sud-Kivu en juin 2024, tout en maintenant leur présence dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Cependant, lors d’une récente visite en RDC, le chef des opérations de paix des Nations unies, Jean‑Pierre Lacroix, a confirmé la possibilité d’un nouveau déploiement progressif à Uvira pour soutenir la mise en œuvre du cessez-le-feu.

Ce déploiement dépendra toutefois des garanties de sécurité accordées au personnel et aux installations des Nations unies.

Des négociations diplomatiques en cours

Le processus de cessez-le-feu s’inscrit dans une dynamique diplomatique plus large visant à mettre fin au conflit dans l’est de la RDC.

Le 2 février dernier, le gouvernement congolais et les rebelles de l’AFC/M23 ont signé un document définissant les termes de référence du mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu, dans le cadre de discussions facilitées par le Qatar.

Parallèlement, des discussions directes ont été menées entre la RDC et le Rwanda sous la médiation des États-Unis.

Ces efforts diplomatiques ont notamment conduit à la signature des accords de Washington, le 4 décembre, par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, un développement qui a ravivé l’espoir d’une désescalade durable du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.

Alice KAJABIKA

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Don`t copy text!