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Bukavu : A la découverte de l’ONG Femmes Bosseuses engagée à promouvoir l’autonomisation économique des femmes et jeunes filles

À l’occasion du mois de Mars consacré aux droits des femmes à travers le monde, le journal panafricain de plumes engagées, Voix Critiques Africa, VC Africa, est allé à la rencontre de Justin Mugisho, Coordonnateur de l’ONG Femmes Bosseuses, basée à Bukavu. Dans cet entretien, il revient sur le sens profond de la Journée internationale des droits des femmes, tout en présentant les actions concrètes menées par son organisation pour promouvoir l’autonomisation économique et sociale des femmes.

Entre microcrédit, formation professionnelle et initiatives entrepreneuriales, l’ONG accompagne des centaines de femmes dans leur quête d’indépendance. Justin Mugisho partage également sa vision d’une société où les talents féminins sont pleinement reconnus et valorisés. Un témoignage inspirant sur le rôle essentiel des femmes dans le développement des communautés.

Ci-dessous l’intégralité de cet entretien.

Justin Mugisho :
Je m’appelle Justin Mugisho. Je suis basé à Bukavu et je suis le responsable de l’ONG Femmes Bosseuses, une organisation engagée dans la promotion des droits des femmes et leur autonomisation économique.

Voix Critiques Africa :

En tant que leader engagé dans la promotion des droits des femmes, quel sens donnez-vous à la journée du 8 mars, célébrée chaque année dans le monde ?

Justin Mugisho :

Le 8 mars n’est pas seulement une date symbolique dans le calendrier. Pour nous, c’est un moment important de réflexion et d’évaluation. Cette journée nous permet d’analyser la place des femmes dans la société, notamment dans les instances de prise de décision.

C’est aussi l’occasion d’identifier les obstacles qui empêchent encore les femmes d’accéder pleinement à leurs droits et à certaines opportunités. Personnellement, je considère cette journée comme un espace où les femmes peuvent faire entendre leurs voix, partager leurs expériences et montrer leurs compétences.

Pour moi, le 8 mars n’est pas un moment pour parler d’une seule personne, mais plutôt une occasion de mettre en lumière les parcours, les talents et les expertises des femmes, souvent insuffisamment reconnus.

Voix Critiques Africa :

Votre organisation, Femmes Bosseuses, œuvre pour la dignité et l’autonomisation des femmes. Comment concrètement y parvenez-vous ?

Justin Mugisho :

Notre organisation agit à travers plusieurs programmes visant à renforcer l’autonomie des femmes.

Nous mettons notamment en place des programmes de microcrédit et de formation financière afin d’aider les femmes à lancer ou à développer leurs activités économiques. Nous organisons également des formations professionnelles pour l’apprentissage de différents métiers.

Nous avons aussi introduit des formations dans des domaines modernes comme l’informatique, le codage et les compétences numériques, afin que les femmes puissent s’adapter aux exigences du marché actuel.

Pour nous, une “Femme Bosseuse” n’est pas seulement une femme qui travaille dur. C’est une femme qui travaille de manière stratégique, qui développe ses compétences et qui contribue activement à son autonomie et à celle de sa communauté.

Voix Critiques Africa :

Pourquoi accordez-vous une attention particulière au développement des compétences des femmes, alors que certains métiers sont encore considérés, dans notre société, comme réservés aux hommes ?

Justin Mugisho :

Dans notre société, il existe encore des idées reçues selon lesquelles certains métiers seraient réservés aux hommes. Pourtant, priver les femmes d’opportunités professionnelles revient à priver la société de près de la moitié de son potentiel humain.

Les femmes sont talentueuses et capables d’exceller dans tous les domaines. Le talent n’a pas de sexe. C’est pour cela que nous travaillons à déconstruire ces préjugés et à encourager les femmes à développer leurs compétences, à entreprendre et à devenir financièrement indépendantes.

Voix Critiques Africa :

Nous avons également appris que des femmes de votre organisation se distinguent dans la fabrication de craies. Pouvez-vous nous en parler ?

Justin Mugisho :

Effectivement. Dans le cadre de nos activités, les femmes ont mis en place une petite unité de fabrication de craies scolaires. Cette unité est entièrement gérée par elles.

Les revenus générés par la vente de ces produits servent à soutenir d’autres femmes en leur permettant de démarrer de petites activités génératrices de revenus. C’est une initiative qui contribue à renforcer la solidarité entre femmes et à encourager l’entrepreneuriat féminin.

Voix Critiques Africa :

Quel est votre sentiment face à la qualité du travail accompli par ces femmes ?

Justin Mugisho :

Je suis très impressionné par leur engagement et leur professionnalisme. Les femmes font preuve de résilience, de rigueur et d’efficacité dans leur travail.

Elles ont également une vision globale du développement et savent gérer les responsabilités avec beaucoup de sérieux. Dans notre organisation, les femmes jouent un rôle central et leur contribution est déterminante pour la réussite de nos projets.

Voix Critiques Africa :

Depuis quand votre ONG existe-t-elle et comment est-elle née ?

Justin Mugisho :

L’idée de créer cette organisation est née en 2016, lorsque je travaillais dans l’administration publique et que j’effectuais plusieurs missions à l’intérieur de la province.

Au cours de ces déplacements, j’ai constaté que de nombreuses femmes travaillaient énormément pour subvenir aux besoins de leurs familles et assurer la scolarité de leurs enfants.

Cette réalité m’a profondément marqué. Elle m’a également rappelé l’exemple de ma propre mère, qui s’est battue toute sa vie pour nous permettre de faire des études.

C’est à partir de cette inspiration que nous avons décidé de soutenir ces femmes courageuses. Nous avons commencé avec un petit fonds obtenu grâce au soutien d’un prêtre, que nous avons distribué sous forme de petits crédits pour aider les femmes à développer leurs activités commerciales.

Voix Critiques Africa :

Aujourd’hui, combien de femmes bénéficient de vos actions ?

Justin Mugisho :

Aujourd’hui, plus de 1 520 femmes bénéficient directement ou indirectement des programmes de notre organisation.

Voix Critiques Africa :

Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

Justin Mugisho :

Notre ambition est de continuer à réduire la pauvreté qui touche les femmes, en particulier celles qui vivent dans des situations de vulnérabilité.

Nous voulons également renforcer leurs compétences, leur accès aux ressources financières et leur participation à la vie économique et sociale.

Voix Critiques Africa :

Pour conclure, quel message souhaitez-vous adresser aux femmes en ce mois de Mars, mais aussi aux hommes sensibles au genre ?

Justin Mugisho :

Aux femmes, je voudrais dire de croire en leurs capacités, d’être courageuses et de ne jamais abandonner leurs rêves. Elles doivent faire entendre leur voix et travailler avec détermination pour construire leur avenir.

Aux hommes, je lance un appel à soutenir et accompagner les femmes dans leur parcours. La promotion des droits des femmes n’est pas seulement une affaire de femmes, mais une responsabilité collective.

Voix Critiques Africa :

Merci pour cet entretien.

Justin Mugisho :

Merci à vous.

La Rédaction VC Africa

 

 

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